Marie Madeleine et l'abbé Boudet
Partie 1
Marie-Madeleine est fêtée le 22 juillet. Il s’agit du 203ᵉ jour de l’année. J'ai démontré à plusieurs reprises que l’abbé Boudet avait souvent utilisé une technique associant numéros de pages et rang du jour dans l’année.
Vérifions ce qu’il a écrit à la page 203 de La Vraie Langue Celtique : on y trouve notamment les mots : « son, fils, descendant », « lignée », « Franks ».
Pris séparément, ces mots pourraient naturellement n’avoir aucune portée particulière. Mais leur présence conjointe, sur une page correspondant précisément au jour de la fête de Marie-Madeleine, ne manque pas d’interpeller.
En 1982, trois Anglais — Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh — publient L’Énigme sacrée, un ouvrage qui va populariser une hypothèse pour le moins audacieuse : celle d’une descendance issue de Jésus et de Marie-Madeleine, une descendance qui se serait perpétuée en France. Cette lignée aurait ensuite donné naissance à la dynastie mérovingienne.
Observons qu'il est abondamment question du peuple franc en cette page de la VLC. Au tournant des Ve et VIe siècles, le royaume des Francs était alors dirigé par Clovis, qui allait étendre son autorité sur une grande partie de la Gaule et fonder la dynastie mérovingienne.
Faut-il y voir un lien ? Rien ne permet de l’affirmer. Il ne s’agit donc pas ici de prétendre à l’existence d’une quelconque lignée du Christ. Ce serait aller bien trop loin.
La mère du Christ ?
Une autre piste pourrait être envisagée. Elle s'appuie sur un élément plus récent, qui donne à ces termes une résonance bien différente. Les travaux de Thierry Murcia ont notamment permis d’envisager que Marie-Madeleine était d’une proximité avec le Christ, bien différente de celle évoquée par les trois Anglais. Elle serait liée à lui par un rapport de filiation maternelle. Elle serait, selon cette hypothèse, la mère du Christ.
C’est peut-être ainsi que les mots « son fils », « lignée » et « descendant » peuvent être entendus. Et c’est peut-être là que se trouve une piste que l’abbé Boudet souhaitait nous communiquer.
Ces mots ne renverraient plus nécessairement à une descendance de Jésus et de Marie-Madeleine, mais pourraient évoquer une relation de filiation dans laquelle Marie-Madeleine occuperait elle-même la place de mère.
Je n’irai pas jusqu’à prétendre que c’est précisément ce que l'abbé Boudet souhaitait suggérer. Nous ne disposons pas, à ce stade, d’éléments suffisants pour l’affirmer.
Il reste néanmoins une convergence troublante : la page 203, associée au 22 juillet et donc à Marie-Madeleine, rassemble effectivement les termes «son fils », « descendant » et « lignée ».
Thierry Espalion
9/9/2026